L’automne, c’est le bon moment pour préparer les plantations de demain.
Avec le retour des pluies et la mise au repos de la végétation, le mois de novembre marque le début de la saison favorable pour ses plantations. Mais planter un arbre ne s’improvise pas : choix de l’emplacement, choix des essences, préparation du sol, protection et entretien sont autant d’étapes à anticiper pour assurer une bonne reprise de ses plantations.
Au-delà de la haie, l’arbre peut être pensé comme une véritable composante du système agricole ; il protège les animaux et les cultures, contribue au bon fonctionnement du cycle de l’eau, favorise la biodiversité. Une plantation peut répondre à plusieurs objectifs : créer de l’ombre pour les animaux, protéger une parcelle du vent, ralentir le ruissellement, produire du bois, renforcer une trame bocagère, apporter du fourrage ou restaurer des continuités écologiques. L’emplacement et la forme de la plantation doivent donc être pensés en fonction de ces objectifs et du fonctionnement de la parcelle.
Les questions à se poser avant de planter :
- Quel est l’objectif de la plantation ?
- Comment l’eau circule-t-elle sur la parcelle ?
- Quelles sont les zones les plus exposées au vent et au soleil ?
- Comment les animaux et les engins circuleront-ils autour de la plantation ?
- Comment les arbres seront-ils entretenus et valorisés dans 10, 15 ou 20 ans ?
Le choix des essences vient ensuite ; il doit tenir compte du sol, du climat local, de l’exposition et de l’usage recherché. Diversifier les essences permet également de limiter les risques liés aux maladies et aux évolutions climatiques. Pour les haies, l’OFB recommande notamment de privilégier des essences adaptées aux conditions locales et de rechercher une diversité d’essences et de strates végétales. Vous pouvez vous renseigner autour de vous, des pépinières spécialisées dans le végétal local existent et peuvent répondre à vos attentes.
Un arbre se plante dans un sol préparé !
La réussite d’une plantation commence avant la plantation elle-même. Un sol compacté ou mal préparé peut fortement limiter l’enracinement et donc la croissance future de l’arbre. Une préparation adaptée permet de créer des conditions favorables à la reprise et à l’enracinement en profondeur. Il est essentiel d’anticiper le chantier et de réaliser la préparation du sol dans de bonnes conditions, idéalement à l’automne.
Pour un chantier de plantation réussi :
- Repérer et délimiter précisément l’emplacement de la plantation,
- Préparer le sol : décompacter si nécessaire à 50 cm de profondeur,
- Planter pendant la période de repos végétatif, lorsque les conditions de sol sont favorables,
- Bien positionner le plant : les racines doivent être correctement déployées et le collet rester au niveau du sol,
- Tasser légèrement autour du plant pour assurer un bon contact entre les racines et la terre,
- Protéger le jeune arbre contre l’abroutissement, le frottis et les dégâts éventuels du gibier ou des animaux d’élevage,
- Pailler le pied afin de limiter la concurrence de l’herbe, conserver l’humidité et tamponner les variations de température du sol.
Avec l’augmentation des températures et la multiplication des épisodes de chaleur et de sécheresse, la période de plantation tend à se resserrer. Pour donner aux jeunes arbres le maximum de chances de s’installer avant les premières périodes de stress hydrique, il est aujourd’hui conseillé de privilégier les plantations de l’automne jusqu’à, idéalement, la mi-février. Planter tôt permet aux jeunes arbres de profiter de l’humidité hivernale pour développer leur système racinaire avant le redémarrage de la végétation. Au-delà de février, et dans le contexte climatique actuel, une plantation risque de subir rapidement un déficit hydrique important, et un arrosage régulier devra être mis en place. Mieux vaut donc anticiper son chantier plutôt que de repousser la plantation au printemps.
Et si l’arbre devenait une production fourragère de la ferme ?
L’arbre est souvent considéré comme une infrastructure : une haie à entretenir, une bande enherbée, une bordure de parcelle. Pourtant, il peut aussi être productif.
Dans un élevage, les arbres peuvent fournir du bois, des fruits, de la litière, et une ressource fourragère : c’est tout l’intérêt de l’arbre fourrager.
L’affouragement ligneux existe déjà dans certaines régions de France dans lesquelles il peut prendre plusieurs formes : pâturage direct des arbres et des haies, conduite en cépée ou en trogne, récolte et stockage de rameaux. L’intérêt n’est pas nécessairement de remplacer l’herbe par l’arbre mais de diversifier les ressources disponibles sur la ferme et de mieux répartir les productions dans le temps.
Les arbres jouent également un rôle de protection : l’ombre et l’effet brise-vent des arbres et des haies peuvent améliorer le confort des animaux lors des épisodes de chaleur. Le bocage contribue par ailleurs à limiter l’érosion et le ruissellement et participe au fonctionnement de l’eau dans les parcelles.
Le Réseau des CIVAM normands souhaite consolider les travaux initiés sur cette thématique en partant des pratiques réalisées par les éleveurs et en construisant des dispositifs expérimentaux avec eux pour professionnaliser cette pratique. L’objectif étant de répondre à des questions concrètes : quelles essences choisir ? Combien d’arbres faut-il ? Quelle quantité peut-on produire ? Quand récolter ? Comment intégrer cette ressource dans le système fourrager ?
Pour les élevages herbagers, cette réflexion ouvre une piste intéressante : ne plus considérer l’arbre uniquement comme une limite autour de la prairie, mais comme une production complémentaire de la ferme.
Avant même de planter, prenez le temps d’observer votre ferme : où manque-t-il de l’ombre ? Où l’eau ruisselle-t-elle ? Où le vent dessèche-t-il les parcelles ? Où une haie pourrait-elle avoir plusieurs fonctions ? Et surtout, quelle place l’arbre pourrait-il prendre dans votre système fourrager ? Bien conçu et bien conduit, l’arbre peut devenir à la fois un abri, un régulateur, un habitat pour la biodiversité et une production agricole.








